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HISTOIRE DES VIBROS OU 2 500 ANS DE PLAISIR



Les sex toys existent depuis plus de 2500 ans et bien que de nouvelles technologies apparaissent, leurs utilisations sont très anciennes. Ainsi, les Chinois, les Egyptiens et les Grecs utilisaient déjà des godemichés.
De même que les boules de geishas japonaises qui ont traversés les siècles, les Chinois inventèrent jadis le premier cockring en liant la base du phallus avec de la soie. Si de tels objets ont survécu à l’épreuve des siècles et des tabous qui les concernaient, c’est certainement la meilleure preuve de leur influence bénéfique.

Pour faire une histoire du vibromasseur, il faut d’abord passer par une histoire du godemiché. En effet, le vibromasseur est un godemiché vibrant, et le godemiché est très ancien.

Malgré la diversité qui existe du point de vue des textures et des fonctionnalités, le godemiché est à l’origine un objet qui ressemble à un phallus par sa forme et sa taille.

L’emploi de sex toys et surtout de godemichés ne date donc pas d’hier, et n’appartient à aucune culture précisément.
Toutefois, certaines civilisations furent plus inventives que d’autres.

L’olisbos ou « fais-moi jouir » latin


Durant l’Antiquité, sur des poteries grecques ou romaines et sur des fresques égyptiennes, on peut apercevoir les ancêtres des godemichés actuels.

Les Grecques les appellaient olisbos. C’était une copie d’un phallus fabriqué en pierre, en bois ou en cuir, que ses utilisateurs lubrifiaient avec de l’huile précieuse. Les tailles étaient très variées et ils étaient utilisés par les deux sexes.

Quand aux Romaines, elles les baptisaient « gaude mihi » (réjouis-moi).
Ce n’est que quelques siècles plus tard qu’ils seront appelés « godemichés ».

 

Au début des temps, le pénis est très discret car ce qui fascine les hommes préhistoriques c'est la grossesse et l'enfantement. La première divinité sera donc une déesse-mère. Par la suite, le rôle de l'homme dans la procréation apparaîtra de plus en plus clairement : c'est son sexe qui apporte la semence dans le ventre de la femme, on va mettre en valeur le pénis.

Les peintures murales préhistoriques et les objets sculptés de cette époque, dès 30000 ans avant J-C, montrent une étape où les représentations des vulves féminines commencent à être concurrencées par celles de pénis en érection.

Les Égyptiens font prédominer le culte du sexe mâle et de la fécondation avec Osiris, le dieu dont le symbole sera un pénis disproportionné. Les anciens Hébreux eux-mêmes ont eu beaucoup de mal à abandonner les cultes phalliques que leurs pères partageaient avec toutes les civilisations du Moyen-Orient : dès que Moïse s'éloigne, ils se refabriquent des sexes en or, des olisbos, pour leur plaisir (Ézéchiel, 16, 17).
Le sexe en érection est partout

Les Grecs se révèlent des adeptes passionnés du culte phallique : les poteries sont couvertes de peintures de sexes en érection, vers lesquels se tendent les mains et les bouches de femmes et d'hommes, de bacchantes (prêtresses de Dionysos, toujours en transes) comme de satyres (demi-dieux à forme humaine et jambes de bouc, toujours occupés à forcer des nymphes), ou qui pénètrent des corps dans toutes les positions possibles. Les peintures montrent aussi que des objets sculptés en forme de pénis, de toutes les tailles (et parfois énormes : de la taille d'un être humain), entourent les personnages et sont à leur disposition pour des cérémonies de culte, des processions ou des offrandes, comme pour le plaisir personnel. La représentation du sexe mâle est partout visible, dans la vie quotidienne comme dans les cérémonies.

Les Romains garderont ce culte phallique, avec leur dieu bien connu, Priape, représenté avec un sexe avantageux, en érection perpétuelle : son image est partout, statues servant de borne dans les jardins, statuettes dans les maisons, lampes, poteries, coupes, amulettes, clochettes, en pierre, en terre cuite, en métal, en émail, en céramique… Les bijoux préfèrent le motif réduit au seul sexe en érection, qui envahit les boucles d'oreille, les colliers, les agrafes, les pendentifs, les bagues, les amulettes… Dans la rue, les battants de porte ou les flèches de direction sont des pénis. Le phallus est vraiment partout.

L’Asie et les « objets d’absence »


L’usage des objets érotiques est également très courant dans l’Asie ancienne. Quelques siècles avant notre ère, le Kama Sutra et des peintures indiennes parlent déjà d’accessoires sexuels.

Dans les gynécées chinois, les femmes seules trouvaient dans ces objets un certain réconfort. Ils étaient alors composés de gomme et de résine pour augmenter la ressemblance avec des vrais phallus.
Au Moyen-Age, certaines Chinoises imbibaient des plantes d’eau pour leur donner la forme de verges.

Le premier godemiché célèbre dans l’histoire du Japon aurait été offert à l’impératrice Shotoku par son amant, le bronze Dokyo qui ne pouvait la satisfaire puisqu’il était très âgé.
On raconte même que l’impératrice tomba malade à force d’utiliser son godemiché !

Durant le Moyen-Âge, avant de partir pour le combat, les seigneurs japonais laissaient à leurs épouses une longue pierre polie enveloppée de soie ou un statuette en bois.
Ces godemichés étaient surnommés les « objets de l’absence ».
En effet, ils avaient pour fonction de rappeler à l’épouse seule et qui pourrait alors être tentée, son devoir de fidélité.
Les godemichés se répandirent rapidement dans toute la société japonaise au point que certains les vendaient au porte-à-porte !

Alors que les Asiatiques offraient des godemichés à leurs femmes pour qu’elles ne les trompent pas, les Occidentaux avaient des solutions plus radicales : les ceintures de chasteté.

Avant de partir au combat, les seigneurs offraient à leurs épouses des ceintures munies d’une serrure pour les empêcher d’avoir des relations sexuelles mais aussi de se masturber.

Ainsi, déjà au Moyen-Age le plaisir féminin était réprimé en France.
Il était sacrifié au nom de la fidélité (plutôt forcée).
En effet, ces ceintures permettaient aux hommes d’avoir la certitude de ne pas être trompé pendant leur absence.

Les Italiens et leur « diletto »


C’est en Italie que les « olisbos » devinrent « diletto » (délice), ce qui donnera le terme anglo-saxon utilisé aujourd’hui de « dildo ». Et c’est en Italie que ces objets du plaisir vont être le plus perfectionnés.

En effet, au XVIème siècle, on trouve déjà des modèles en verre thermorésistants, que l’on peut remplir d’eau chaude. Ils seront améliorés par la suite avec des poires en caoutchouc en forme de testicules, remplis de lait et que l’on presse au bon moment pour faire jaillir le liquide et compléter l’illusion.

C’est au XVIIème siècle que des marchands de godemichés apparaissent en Occident. On trouve également des artisants spécialisés qui proposent des modèles sur mesure.

1869 : année érotique.


Quand le godemiché est pris de vibrations orgasmiques : naissance du vibromasseur.



Le premier vibro pour « calmer les hystériques »

 

Le premier vibromasseur fut inventé en 1869 en Angleterre par George Taylor. C’était un appareil à vapeur pas très discret.
Il a été utilisé au départ pour traiter les douleurs musculaires. Un autre appareil plus petit et mécanisé fait aussi son apparition. Celui-ci est composé d’une tige en caoutchouc qui produit des vibrations grâce à une manivelle. Pas facile à utiliser seul !

Puis, en 1880, les médecins les recommandèrent à des femmes soufrant d’hystérie.
Ce terme générique désignait alors toutes sortes de maladies féminines, de la simple irritabilité à des faiblesses physiques prononcées.
C’étaient alors les vibrations qui, en massant toutes les parties du corps et surtout la vulve, soignaient la patiente en lui apportant une grande satisfaction…

Les premiers vibromasseurs ressemblaient plutôt à nos aspirateurs mais de gentils chercheurs se penchèrent sur la question et proposèrent des vibromasseurs plus petits.
Ces vibromasseurs étaient plus faciles à ranger, plus faciles à transporter, donc à utiliser. Ainsi, ils étaient fins prêts pour s’affranchir de leur utilisation uniquement médicale.
Grâce à des catalogues de vente, n’importe quel foyer pouvait acquérir son vibromasseur.

L’émancipation du XXème siècle


Quand la technologie se met au service du plaisir, cela donne des vibromasseurs à piles qui massent, mais qui vibrent et qui tournent aussi.
Le vibromasseur est connu et reconnu : des publicités américaines du début du XXème siècle le présentent comme un produit quotidien qui permet de relaxer les femmes.
De plus, les vibromasseurs électriques et à essence participèrent à l’Exposition Universelle de 1900.
A chaque année sa star, 1889, ce fut la tour eiffel, et 1900, le vibromasseur !


C’est véritablement la démocratisation du vibromasseur qui, non content d’être intégré à la sexualité du couple, apparaît dans les premiers films érotiques des années vingt.
Cependant, cela desservit les vibromasseurs puisque ils furent catalogués comme des produits pornographiques, et donc restèrent tabous pour le grand public jusque dans les années 1960.

Du caoutchouc à la silicone


Dans les années 1940, le godemiché est généralement composé d’une tige d’acier recouverte de caoutchouc. Puis il sera progressivement remplacé par le PVC et la silicone, de moins en moins chère à la fabrications.
Plus marginaux, l’acier et le pyrex font leur apparition également, notamment dans les milieux SM.

Génération sex toys


Ainsi, les vibromasseurs restèrent pendant longtemps des produits réservés à des communautés sexuelles bien spécifiques, et donc considérés comme marginaux.


Mais aujourd’hui, de plus en plus de nouveautés émergent sur le marché, ce qui prouve bien que de plus en plus de couples les utilisent.
C’est aussi la conséquence indirecte de l’émancipation féminine, ou encore de la tendance du porno chic. Les sex toys ont donc envahi les films pornographiques, mais aussi le quotidien de bon nombre de couples.

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Sondage exclusif : les Français et les sex-toys
 
 

Les résultats sont à la fois mitigés, et surprenants. Mitigés, car seulement 8% des personnes interrogées utilisent un accessoire ou un jouet sexuel - 15% chez les 15-34 ans-. Surprenants, car vous êtes nombreux à n'attendre qu'un signe de votre partenaire pour tenter l'expérience.


Parmi ceux qui ont un sex-toy, 91% l'utilisent en couple, pour épicer les ébats. Seuls 9% des sondés y ont recours en solo.

Mais rien n'est perdu, et si vous rêvez de faire entrer un "jack the rabbit" ou un canard vibrant dans votre vie amoureuse, sachez qu'1 homme sur 2 et 1 femme sur 3 apprécieraient un sex-toy comme cadeau de noël ! -Attention aux 23% de demoiselles qui ressentiraient du "dégoût" devant un tel présent !-.

Si votre partenaire vous faisait part de son fantasme : introduire un sex-toy dans vos ébats, vous ne seriez que 44%, tous âges et sexes confondus, à le suivre. Mais plus vous êtes jeunes, plus vous vous révélez ouverts sur la question : 73% des 25-34 ans accepteraient de tenter cette nouvelle expérience.

 

Mais le tabou reste toujours présent dans certaines cultures. Par exemple la loi japonaise interdit la vente des sex toys qui ressemblent à des pénis.
C’est pourquoi on a vu chez les fabricants asiatiques des vibromasseurs de forme phallique munis d’une tête stylisée ayant pour forme un petit animal.
Dorénavant, vous ne regarderez plus ces têtes de lapin ou de dauphin de la même façon…

Parmi les stars, il y a celles qui se font offrir des godemichés de luxe, comme Kate Moss et Victoria Beckham. Et puis il y en a d’autres qui se vantent d’utiliser des vibromasseurs telles des héroïnes de desperate housewives.

 

Eva Longoria a déclaré qu’elle possède un rabbit et qu’elle l’offre souvent à ses amies. Elle rajoute même qu’il n’y a pas de plus beau cadeau qu’un orgasme…
Teri Hatcher y va aussi de sa déclaration en proclamant que les femmes qui disent qu’un vibromasseur est inefficace et ne stimule pas leur point G sont des menteuses.
Le vibromasseur est ainsi devenu un objet tendance dont les stars revendiquent l’utilisation.
Pas besoin d’être une star pour goûter aux plaisirs que les vibromasseurs proposent…



Sources

Fluctuanet
Dictionnaire de la pornographie, dir. DI FOLCO P. (2005), Edtions Presses Universitaires de France, article « GODEMICHÉ»
Sex toys, faites-vous plais ????a???ƒ????????????p??ir, HELARY A., FOCH C. (2006), Editions Marabout

 


 

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